Le Palais
Le bâtiment qui abrite aujourd’hui le Palais de la Femme est construit en 1910 par l’architecte Auguste Labussière. Imaginé à l’origine comme un hôtel populaire pour hommes, il compte alors 750 chambres et de nombreux espaces collectifs, offrant un confort rare pour l’époque.
Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, l’hôtel est réquisitionné et devient un hôpital militaire secondaire, accueillant des soldats blessés en convalescence. Après la guerre, il est utilisé comme annexe du ministère des Pensions avant d’être progressivement abandonné.
Dans le Paris des années 1920, les femmes seules sont particulièrement vulnérables et nombreuses à basculer dans la précarité. Exode rural, chômage, veuvage ou rupture familiale les exposent à l’errance ou à des logements insalubres. Face à ce fléau de société,Blanche et Albin Peyron, figures majeures de l’Armée du Salut en France, portent un projet novateur : créer un grand foyer pour jeunes ouvrières, surnommées les « midinettes ». Le nom même de Palais de la Femme marque une rupture avec les représentations de l’époque. Il affirme une ambition forte : offrir aux femmes hébergées un lieu digne, protecteur et valorisant, à l’abri de l’exploitation, de l’errance et de la précarité.
En 1926, lorsque l’Armée du Salut souhaite acquérir le bâtiment de la rue de Charonne, elle n’en a pas les moyens financiers. Une une campagne de souscription nationale est alors lancée, et les Parisiens y répondent massivement : des milliers de dons, souvent très modestes, sont recueillis. Un grand élan de solidarité qui a permis de racheter l’immeuble et de le transformer en lieu d’accueil pour les femmes seules et en difficulté. Cette mobilisation populaire est restée célèbre : on disait alors que le Palais de la Femme était « acheté par un sou de chacun ».
Le couple Albin et Blanche Peyron, figures emblématiques de l’Armée du Salut en France, ont porté ce projet. Blanche Peyron deviendra d’ailleurs la première directrice du Palais de la Femme, qui est officiellement inauguré en 1927. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2003, pour les éléments remarquables comme la façade, la toiture, les verrières, le hall et l’escalier.
Le 23 juin 1926, le Palais de la Femme est officiellement inauguré, sous la présidence de Gaston Doumergue, président de la République.
Le Palais de la Femme fait l’objet d’une importante réhabilitation, permettant de moderniser les espaces tout en préservant le patrimoine architectural. L’établissement est restructuré pour répondre aux enjeux contemporains de l’hébergement et de l’accompagnement social.
Il est désormais composé de 350 logements pouvant accueillir 400 personnes.
Tout en conservant une majorité de femmes accueillies, le Palais de la Femme élargit ses missions et s’ouvre à de nouveaux publics : hommes isolés, familles, jeunes majeurs, dans une logique de mixité sociale et de prévention de l’exclusion.
Le Palais de la Femme célèbre un siècle d’accueil, de solidarité et d’engagement. Une année ponctuée d’événements pour faire mémoire, donner la parole aux personnes concernées et affirmer l’avenir d’un lieu emblématique de l’action sociale.